Compte-rendu de la réunion du 28 Novembre 2011 au Conseil Général du Morbihan
jeudi 1er décembre 2011, par Admin

Etaient présents :
- Pour le Conseil Général : Madame Guillaume, Conseillère Générale de Groix, Monsieur Brohan, Président de la Commission "Infrastructures, équipement du territoire, environnement et mobilité", Monsieur Milcamps, directeur de la DELAM (Direction des Espaces Littoraux et des Activités Maritimes) ;
- Pour le COCIG : Elisabeth Mahé, Guénaël Legras, Noël Le Gurun, Régis Leclercq.

Monsieur Brohan introduit la réunion en soulignant qu’ il nous reçoit à la demande du Président du Conseil Général, qu’il sera attentif à nos propos, mais qu’il n’a pas mission de prendre des décisions en lieu et place de celui-ci.

Guénaël annonce les trois points que le COCIG souhaite aborder :
1 - quelle suite le Conseil Général entend-il donner à l’ exigence des groisillons concernant le maintien du deuxième bateau pour assurer le service d’ hiver ?
2 - demande de représentation des usagers groisillons au sein de la commission de travail chargée du suivi de la conception du nouveau bateau.
3 - de façon concomitante, demande de lancement d’une étude précise et concertée des besoins de transport maritime entre l’île de Groix et Lorient, concernant à la fois les passagers, les véhicules, les marchandises, permettant de fonder des réponses pertinentes de transport.

Point 1

Monsieur Brohan nous informe que le Conseil Général, à la suite de la dernière commission des horaires, a confirmé le dispositif présenté par Océane, avec un seul bateau cet hiver. Par contre, il a demandé à la compagnie, qui proposait de reconduire cette disposition pour l’hiver suivant, de rechercher une autre solution. Elizabeth et Noël rappellent, en citant moult exemples concrets, les effets désastreux pour l’île et ses habitants de la limitation à un bateau : l’amplitude horaire de 14 heures pour les salariés se traduit pour l’un d’entre eux par la menace de perdre son emploi ; plusieurs familles dont la vie quotidienne est perturbée par la contrainte de ces nouveaux rythmes imposés par les horaires d’hiver du bateau émettent l’ hypothèse de quitter l’île. S’agissant de jeunes ménages, cette éventualité aurait un effet immédiat sur les effectifs scolaires. ″ A ce train-là, on ne va pas tarder à perdre une petite classe ″, affirme Elizabeth. La colère des groisillons vis-à-vis d’Océane et du Conseil Général est encore amplifiée par le recours actuel à l’Acadie, le Saint-Tudy étant à Concarneau pour être remotorisé.

Elizabeth rappelle, comme elle l’avait fait devant le Préfet, les tristes exemples de situations indignes dans lesquelles se sont trouvées des personnes en transport sanitaire à bord de l’Acadie. Pour ne citer qu’un exemple, qui n’est pas le pire : personne âgée malade de la prostate ne pouvant accéder aux toilettes situées à l’étage, invitée par le personnel navigant à uriner entre les voitures alignées dans la cale. Elizabeth dénonce également auprès des représentants du Conseil Général, l’incurie d’Océane vis-à-vis des personnes à mobilité réduite (aveugles en particulier).

Monsieur Milcamps indique qu’Océane est encore en phase de discussion avec le Centre de Sécurité des Navires pour l’application de la Division 190, nécessaire pour que soit prolongée l’autorisation de naviguer de l’Acadie.

Cet échange est l’occasion pour notre délégation de souligner combien l’efficacité et la qualité du service du transport maritime conditionnent le développement de l’île : le bateau nous assure un lien immédiat avec une ville importante offrant des équipements (théâtre, piscine... pour les scolaires par exemple) et des services qui ne sont pas présents sur l’île et nous met aisément en connexion avec les transports publics du continent (accès facile à la gare SNCF par le réseau CTRL). Elizabeth indique que le critère de l’efficacité du transport maritime intervient fortement dans le choix que font les nouveaux ménages s’installant sur l’île.

A ce moment de la réunion, Madame Guillaume, très déterminée et émue, intervient pour appuyer notre propos. ″ Les groisillons sont totalement captifs et à la merci d’Océane ″, affirme t-elle. Et elle poursuit : ″ En tant que native de Groix, je me sens abandonnée par le Conseil Général ; à agir ainsi, notre île deviendra une réserve ″.
Rappelant la position qui avait été la sienne lors du vote sur la DSP confiée à Océane (elle s’était abstenue), elle s’étonne qu’on affirme aujourd’hui que ″ Groix ne rapporte pas d’argent au transport maritime ″, alors que le délégataire précédent ″ remontait de l’argent au Conseil Général et distribuait des primes aux salariés ″. Comparant le coût représenté par le maintien d’un deuxième bateau (environ 200 000 € par an) aux investissements du Conseil Général en matière d’infrastructures routières, elle indique que depuis le début de son mandat, Groix n’a émargé que pour 137 000 € à ce budget et que l’effort demandé est modeste. Monsieur Brohan ayant, au cours de l’échange, cité le coût d’ un échangeur routier, Elizabeth relève avec humour que l’effort demandé au Conseil Général vaut un demi-échangeur .
Régis rappelle qu’il fut un temps où l’on sut trouver l’argent pour ″ couvrir ″ financièrement le manque à gagner des 8000 cartes insulaires généreusement distribuées par Monsieur Yvon, Conseiller Général de l’époque. Par ailleurs, il fait remarquer qu’il est pour le moins spécieux de constater à posteriori qu’un bateau conçu pour transporter véhicules et passagers en période estivale, soit en déficit en période hivernale. Après qu’il ait affirmé que le ″ tout roulier ″ n’était pas une réponse adaptée pour Groix, Monsieur Brohan confirme totalement ses propos et concède sans hésitation que l’Ile de Groix ne répond pas à nos besoins. Plus trivialement, il affirme ″ on a fait une connerie ″.

Monsieur Milcamps s’étonne qu’on s’émeuve aujourd’hui de la mise en service d’un seul bateau cet hiver, alors que de 2003 à 2007, la même disposition avait été adoptée sans rencontrer d’opposition. D’une façon générale, il remarque que Groix est la seule île où il est difficile d’aboutir à un consensus, tant les intérêts personnels sont affirmés.
En réponse, Madame Guillaume rappelle qu’il y eut des manifestations analogues qui furent organisées à Groix, alors que Monsieur Yvon était Conseiller Général et estime qu’effectivement, dans la conception des bateaux, une part trop belle est faite aux poids lourds qui, de plus, dégradent un réseau routier passablement fatigué. ″ Les bateaux ont été conçus en fonction des poids lourds ; ça ne peut plus durer, il faut limiter le tonnage à 19 tonnes au maximum ″ affirme t-elle.

Point 2

Guénaël rappelle la demande du COCIG d’être associé aux instances de concertation mises en place par le Conseil Général et le délégataire ; il insiste notamment pour que cette concertation soit mise en place en amont de l’étude de conception du nouveau bateau.
Ce point de l’ordre du jour est l’occasion pour Madame Guillaume de revenir sur la réunion de la dernière commission des horaires à Groix, à laquelle le COCIG n’a pas été convié. Elle rappelle à Monsieur Brohan qu’il avait formellement donné son accord pour que le COCIG participe à cette instance et indique, à notre grande surprise, que, le Maire de Groix ayant menacé de ne pas participer à la réunion si le COCIG était présent, le cabinet du Président du Conseil Général n’avait pas confirmé l’accord donné par Monsieur Brohan.
Régis souligne la position paradoxale du Maire de Groix, puisque le matin même de cette réunion de la commission des horaires, alors que des membres du COCIG avaient formé un comité d’accueil devant la mairie, le Maire leur proposait de rencontrer le lendemain le Préfet, en visite à Groix, pour aborder cette question du transport maritime.
Monsieur Brohan confirme sa position sur la participation du COCIG à toutes les instances de concertation et rappelle que l’autorité compétente étant le Département en la matière, c’est à lui que revient la responsabilité de définir les modalités de la concertation.

Point 3

Régis souligne que la question du nouveau bateau est étroitement liée à la proposition que fait le COCIG d’engager rapidement et de façon concertée une étude fine des besoins de transport maritime entre l’Ile de Groix et Lorient, prenant en compte les attentes diverses des usagers, qu’il s’agisse des salariés faisant quotidiennement la navette, des taxis effectuant les transports en VSL, des commerçants attentifs aux délais de livraison des marchandises, des livreurs de matériaux pour les entreprises locales, etc... Fort de cette connaissance précise, en volume et en qualité, de la demande , il s’agirait ensuite d’examiner les solutions de transport les plus adaptées, étant entendu que le transport roulier n’a rien d’exclusif. Sur cette base , des alternatives techniques d’organisation du transport maritime entre Groix et Lorient pourraient être élaborées, financièrement chiffrées et soumises à l’arbitrage de l’autorité compétente. Cette proposition a également été présentée à Monsieur le Préfet et nous avions suggéré que soient éventuellement mobilisés dans cette optique, les moyens du volet ″ Iles du Ponant ″ du Contrat de Projet Etat-Région.
Monsieur Brohan affirme son adhésion à cette démarche , dans les conditions de concertation précédemment évoquées. Monsieur Milcamps précise que le volet ″ Iles du Ponant ″ du contrat de projet exclut les liaisons maritimes, mais que cette étude peut être financée en totalité par le Département. De son point de vue, cette étude doit servir dès l’élaboration des horaires de l’hiver 2013.

Avant que nous nous séparions, Guénaël informe les représentants du Conseil général qu’ une délégation groisillonne viendra en bus à Vannes à l’occasion de la prochaine session du Conseil Général, notre exigence de deux bateaux cet hiver n’étant pas satisfaite.

PI : Monsieur Milcamps nous a remis une copie du CDRom accompagnant le rapport sur la DSP.